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Conformément au titre de l’article, la rédaction de Journa’Lîdje publiera mensuellement une playlist musicale qui reprendra les chansons qui les auront le plus marqués le mois précédent. Plus encore qu’une simple liste, une courte description ou analyse sera proposée pour chaque son. Ces publications mensuelles ont pour but le partage et la possibilité de découvertes musicales.

  • I don’t care (Justin Bieber feat Ed Sheeran) : Attention! On tient sans doute l’un des tubes de l’été. Le retour de Justin Bieber sur la scène musicale, avec Ed Sheeran, crée l’événement. A peine sorti, le single des deux princes de la pop a enregistré près de 11 millions d’écoute en 24 heures. Un démarrage record! I don’t care, aux accents pop, sonne déjà l’été, on a l’impression d’être au soleil. La chanson nous fait vibrer avec les deux voix magnifiques d’Ed Sheeran et Justin Bieber. Avec une telle chanson, le tandem devrait faire une entrée fracassante au hot 100. Les deux artistes frapperont-ils plus fort qu’avec leur précédent titre Love Yourself qui s’était hissé numéro 1 des ventes et avait passé 24 semaines dans le top 10 avant de devenir le plus gros tube de l’année 2016 en Amérique? Réponse dans quelques semaines, quand cette chanson tournera en boucle partout dans le monde. Le clip vaut également le détour, les deux artistes se lâchent totalement sur fond vert.
  • Demain (Amel Bent – single ) : Alors que son 6e album est attendu au printemps, Amel Bent sait comment faire patienter ses fans. Ici, elle sort un nouveau single Demain, co-écrit avec Slimane dans lequel, elle évoque le sort des relations toxiques. Avec ce titre, Amel Bent s’affirme en évoquant une relation tourmentée où les sentiments confus se mélangent. Jusqu’où peut-on aller par amour? Doit-on tout accepter? Ce sont ces questions qu’Amel Bent se pose à travers le single Demain mais aussi Dis-moi qui tu es? En proie à de véritables doutes sur son couple, la chanteuse nous chante l’agitation de son coeur dans un ballet corporel particulièrement sensuel et intense avec le danseur Yaman Okur (Madonna, les trois mousquetaires). Le couple est dans une cage, les pieds dans l’eau, sans doute pour symboliser leur histoire d’amour qui fait naufrage. Ils s’attirent mais se repoussent, s’aiment mais se déchirent… Une réalisation émouvante qui promet un album très riche.
  • Arcade (Duncan Laurence – single Eurovision) : Avec son titre Arcade, une ballade épurée accompagnée au piano, Duncan Laurence, le représentant des Pays-Bas à l’Eurovision, a fait trembler le public de Tel-Aviv. La chanson inspirée par la disparition d’un être cher et interprétée au piano touche par sa sincérité. Une ballade envoûtante au piano dans un halo de lumière, le chanteur de 25 ans a misé sur la sobriété pour faire pâlir les 200 millions de téléspectateurs. Le point fort de cette ballade est sans aucun doute l’émotion. Le texte poignant est porté par une interprétation à fleur de peau qui cache une histoire tragique. Un superbe morceau en piano-voix qui a subjugué les téléspectateurs. Une chanson bouleversante sans aucun doute!
  • All this love (Robin Shulz feat Harloë – single) : Ces derniers mois, le DJ allemand, Robin Shulz a signé l’un des meilleurs titres électro/pop du moment avec Speechless. On attendait donc son nouveau single et on n’est pas déçu puisqu’il revient avec l’excellent All this love porté par la puissante voix d’Harloë. Un titre électro/pop qui va nous faire bouger sans aucun doute et qui se laisse écouter sans modération! L’été s’annonce très chaud sur le champ musical…
  • Dance of the Two Wolves (Tyler Bates and Joel J. Richard – John Wick Chapter 3: Parabellum – OST) : Compositeur de musique pour le cinéma depuis les années 1990, Tyler Bates a signé la bande originale de nombreuses grosses productions comme Watchmen ou Deadpool 2. Il est également à l’origine de celle de la saga John Wick, dont Dance of the Two Wolves est issue. Cette création kaléidoscopique où se juxtaposent violons, batterie et guitare électrique a le don de faire frissonner par son teint épique. L’écouter seul dans son coin est assurément jouissif. Mais l’entendre lors d’une scène d’assassinats mise en scène de façon virtuose sur un grand écran accompagné d’un home cinéma, on vous laisse imaginer.
  • Rescue Me (OneRepublic – single) : Ils sont de retour avec un single qui leur ressemble et pour annoncer leur 5e album qui devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. Difficile de résister au tempo entraînant et à la voix mielleuse de Ryan Tedder qui signe un texte sobre sous le signe de la mélancolie et de l’amitié survivant au temps qui passe. On adore, même si on sent que sa diffusion en boucle tout l’été à la radio risque de vite nous en dégoûter.
  • Enemy (Sandro Cavazza – single) : L’interprète suédois, que l’on connaît pour ses multiples collaborations avec Avicii, livre ici un morceau en solo résolument pop et dans la lignée des compositions pour lesquelles il a déjà donné sa voix. Il faut dire que son timbre se prête difficilement à un autre style. Quoiqu’il en soit, on souhaite que la jovialité du son vous sera communicative.
  • Tough Love (Avicii,  Agnes, Vargas & Lagola – Tim) : Un peu plus d’un an après sa disparition, Avicii prolonge son œuvre avec la publication d’un album posthume prévu pour le 6 juin prochain et composé des derniers morceaux sur lesquels il travaillait. Tough Love apparait comme une agréable chanson aux accents orientaux et au rythme endiablé sur laquelle la chanteuse Agnes pose sa mélodieuse voix. Ce titre est probablement l’un des plus efficaces de l’album posthume, dont les revenus seront au passage reversés à une association de prévention contre le suicide.
  • Mirrors (Tanaë – Talking to Myself) : Peut-être connaissez-vous déjà la talentueuse Tanaë. Issue de notre belle cité ardente, cette artiste belge de 22 ans aux influences soul et urbaines s’est faite connaître avec ses sublimes reprises de tubes tels que One Dance ou Barbie Girl. Après un premier EP sorti l’année dernière, elle nous révèle cette année son album Talking to Myself, et avec lui l’énigmatique opus Mirrors. Une atmosphère planante se dégage de son répertoire pop, intégralement en anglais.
  • Rylan (The National – I Am Easy to Find) : À l’occasion de la sortie de leur huitième album I Am Easy to Find, The National a vu les choses en grand en travaillant avec le réalisateur américain Mike Mills, notamment connu pour le film 20th Century Women, sorti en 2016 (une pépite). Morceau typique du groupe de rock indépendant, Rylan connaît une renaissance et sort du lot : la mesure agressive de la batterie se confond à la perfection avec la douceur de la voix du chanteur Matt Berninger, accompagné d’un choeur féminin.
  • Rouge (Yseult – single) : 2019 serait-elle l’année de la charismatique Yseult? Après la sortie de son single Rien à prouver en janvier dernier, la jeune française de 24 ans revient déjà nous en mettre plein la vue avec ses deux nouvelles perles Diego et Rouge, couleur évoquant le thème central de ce dernier morceau : un amour qui « varie selon les saisons ». Son style hybride mêlant trap et pop est assorti d’une voix envoûtante, illuminée par une attitude assumée qu’on adore.
  • Mother’s Daughter (Miley Cyrus – SHE IS COMING) : « I’m nasty, I’m evil » : avec ces paroles, la reine de la provoc’ donne le ton de son nouvel album SHE IS COMING, sorti jeudi dernier. Dans Mother’s Daughter, le premier opus, Miley chante sa soif de liberté. Féroce, impertinent, le morceau est imprégné de la touche rebelle qui caractérise l’artiste. Rendant hommage à sa mère, ce titre diffuse sans conteste un message d’émancipation et constitue un véritable symbole de « girl power ».
  • Intervention (Anna Akana – Casualty) : Actrice, cinéaste, auteure et humoriste, Anna Akana se lance désormais dans la chanson avec son premier album Casualty. Rythme lent et guitare en force, Intervention aborde la lutte contre différentes addictions : alcool, drogue, fêtes à n’en plus finir, jeu,… La chanteuse dépeint une lutte solitaire face à ses addictions qui, dans un sens, l’aideraient à affronter une situation douloureuse.
    « You can call me a hot mess but this is my process. »
    La situation bancale est représentée dans un clip qui joue sur les transitions et ce sentiment de tourbillon dans lequel Anna Akana s’est empêtrée.
  • Shania Twain (Aura Dione – single) : Etrange, pleine d’entrain, unique, la danoise Aura Dione revient avec un single mettant à l’honneur une icône du country, Shania Twain. Sur une mélodie pop aux airs de country, Aura Dione parle du moment après rupture où elle fait la fête et profite de chaque instant. Le morceau fait donc référence à la chanteuse de country et à sa chanson emblématique That Don’t Impress Me Much (1997), qu’Aura Dione qualifie d’hymne pour les femmes indépendantes.
  • He Don’t Love Me (Winona Oak – single) : Mélange entre Lana Del Rey et MARINA, Winona Oak est une auteure-compositeure suédoise ayant collaboré avec The Chainsmokers. Dans ce single, elle évoque un amour à sens unique pour quelqu’un qui ne la valorise pas.
  • Alligator (Of Monsters and Men – Fever Dream) : Connu pour leur premier album en 2014 My Head is an Animal, et en particulier le morceau Little Talks, le groupe revient avec un troisième album. Dans un univers plus rock, plus coloré, Of Monsters and Men nous parle ici d’une excitation et une énergie ressenties pour un événement, en l’occurence revenir sur scène et nous faire (re)découvrir leur univers.
  • On se sait par coeur (Calogero – Liberté Chérie) : malgré une constance remarquable, Calogero fait partie de ces artistes qu’on aime tous mais qui n’est que très peu plébiscité. À vrai dire, on l’oublie même presque toujours, jusqu’à ce qu’il ressorte un nouveau disque. Et là on se dit pour la énième fois : « Ah ouais c’est vrai, c’est vrai qu’il est quand même fort ce mec. » Bis repetita avec son dernier album en date Liberté Chérie qui nous offre son habituel quinté de tubes. Le dernier en date est un certain On se sait par coeur, un morceau sur la question du divorce. Comme d’habitude, le thème n’est pas le plus ludique qui soit mais Calo parvient, comme à chaque fois, à nous ambiancer. Impossible de ne pas bouger la tête sur ce riff de guitare, impossible de rester insensible à la mélodie vocale, impossible de ne pas sourire aux innombrables traits d’esprit et jeux sur les mots du chanteur (rien que le jeu sur le titre « On se sépare / On se sait par coeur » est une merveille d’écriture). Qu’on se le dise, Calogero est l’un des plus grands paroliers francophones et on a trop tendance à l’oublier, On se sait par coeur en est une nouvelle preuve. Chaque fois on le redécouvre et chaque fois on l’aime, s’il-vous-plait respectons Monsieur Calogero une bonne fois pour toute.
  • Hypersensible (Toma feat Dosseh – single) : déjà reconnu dans le milieu mais découvert d’un public plus large grâce à ses prestations dans le dernier album de Kery James, Toma est une des étoiles montantes qui mérite plus de visibilité. Ce featuring avec Dosseh, qui pousse les portes des hautes sphères du hip-hop, pourrait en être une première étape. Une qualité d’écriture assez folle, une prod une nouvelle fois légère mais puissante, un vrai duo et surtout une interprétation de haut vol : voici comment résumer Hypersensible en quelques mots. Le clip ne doit pas non plus être omis, très minimaliste mais parfaitement exécuté. Les jeux de lumière apportent un vrai plus, le cadrage participe à la découverte du morceau et le choix du plan séquence est une audace qu’on doit souligner. Un dernier petit mot sur la présence de Dosseh qui gagne en qualité à chaque nouvelle sortie musicale. Un excellent morceau à cheval entre hip-hop à l’ancienne et sonorités plus actuelles qui devrait plaire à un panel assez large.
  • Ça va aller (Kerry James feat Soolking – single) : bon on doit l’avouer, lorsqu’on a vu ce featuring pointer son nez, on était plutôt circonspect. Comment cela le King du rap conscient, critique de la nouvelle vague vidée de sens, allait s’allier à l’un des représentants hip-hop du moment à la voix la plus pitchée? Eh bien force est de constater qu’il ne s’est, une nouvelle fois, pas trompé dans ses choix de featuring. L’association entre la prod aérienne et la vibe de la voix de Soolking apporte un vrai relief au morceau, soutenu par un couplet d’une qualité que l’on attendait plus de Kery James. Petit bémol, le couplet de Soolking est terriblement vide. On se consolera en se disant qu’il participe à remonter le niveau de celui du King. Le clip est à l’image du morceau : coloré, dynamique et surtout réussi. Le choix d’un clip imagé tient parfaitement la route en raison de la qualité d’animation. Une nouvelle réussite pour Kery dans un style plus éloigné de ses classiques.
  • Comme si j’avais mille ans (Madame Monsieur feat Kalash Criminel – single) : le dernier flirt entre Madame Monsieur et Journa’Lîdje remonte à leur morceau Mercy, représentant français de l’Eurovision sur le thème de la crise migratoire. Entre temps, le groupe a sorti des sons plutôt inégaux en terme de qualité générale mais on a fini par retomber dans leurs bras. Avec Comme si j’avais mille ans, le duo revient quelque peu aux mêmes bases que Mercy, et la formule marche à nouveau. Très dynamique et rythmée, la mélodie ne laisse pas indifférent et il est difficile de ne pas se laisser aller à opiner du chef sans s’en rendre compte. Il faut aussi dire que la voix, pleine et transperçante, nous transporte véritablement (fermez les yeux sur le refrain, un pur délice). Gros bémol, quel est l’intérêt de la présence de Kalash Criminel? Lui qui nous avait habitué à des textes construits, il nous sert cette fois une absence monumentale d’écriture. Quel désastre ce couplet! Allez, on se repasse le reste du morceau et on oublie vite ce petit accroc.

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