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Chronique hebdomadaire, la Revue de la semaine aura pour but de revenir sur certains sujets de la semaine écoulée, non pas en en listant la simple neutralité d’information mais en y apportant un point de vue, une critique ou une approche de réflexion. Plusieurs informations seront sélectionnées afin d’en livrer une courte analyse sans encombrer une chronique qui se veut directe. La volonté de la rédaction est d’amener chaque sujet à être traité et lu comme une brève.

L’Union des non-sanctions

La semaine dernière, la Turquie a franchi la frontière syrienne pour lancer son action « Printemps de la paix ». Une offensive condamnée de toutes parts, mais pas toujours avec la même véhémence. L’Union européenne a ainsi « fermement » remis l’opération en cause. Seul problème, aucune sanction ne sera prise. Mais pourquoi ce mutisme de représailles? Tout simplement parce que Tayyip Recep Erdogan est à la tête de la « porte de l’Europe » et que le dirigeant turque sait en jouer. Il a en effet menacé l’Union d’ouvrir les frontières migratoires vers le continent et d’y faire pénétrer massivement plusieurs millions de réfugiés si l’UE se dressait sur son chemin. Du coup, bah on ne fait rien. Aucun embargo sur les ventes d’armes vers la Turquie, aucune amende économique non plus. Ce manque de prise de position claire ne sert évidemment pas la cause défendue (oui, rappelons que l’Union s’est insurgée de l’attitude turque et s’est érigée comme la protectrice des Kurdes) et on se retrouve dans une situation de statu quo qui profite entièrement à la Turquie, blâmée mais pas punie.

Des robots capables de voyager à notre place ?

Le groupe ANA Holdings, propriétaire de la compagnie aérienne japonaise All Nippon Airways, a récemment annoncé qu’il était en train de développer un robot de « téléprésence » qui permettrait de voyager sans quitter son domicile. Ces robots sont développés pour fonctionner comme des avatars physiques capables de voyager à travers le monde et d’en informer en temps réel son propriétaire. Un développement qui a pour but de permettre aux personnes qui sont dans l’impossibilité de voyager (handicap, âge trop avancé) de pouvoir le faire sans difficultés. On le sait, mal utilisée, la robotique pourrait constituer une menace pour l’humanité, et certaines de ses utilisations actuelles ne sont pas rassurantes. Néanmoins dans ce cas-ci, elle pourrait s’avérer bénéfique car ces avatars robotisés ont le potentiel d’ouvrir de nouvelles possibilités : de l’enseignement aux entreprises en passant par le divertissement et la santé. Les voyageurs statiques découvriraient le monde et pourrait personnaliser leurs robots. Tout est donc réuni pour offrir aux gens un robot capable de voyager à leur place. Le programme d’avatars d’ANA Holdings devrait débuter en avril 2020. En attendant, il semble que tout devienne possible en matière de robotique et d’intelligence artificielle. Restons tout de même méfiant sur les dérives.

Justice espagnole : entre compromis et cons promis

Il y a deux ans, le Parlement catalan organisait un référendum illégal sur l’indépendance de la région. Après une courte attente (pour ce genre de procès), la juste espagnole vient de trancher sur les sanctions qu’encouraient les responsables : les neufs chefs d’État indépendantistes purgeront finalement des peines effectives comprises entre 9 et 13 ans. Il s’agit d’une condamnation historique en Espagne, du fait de l’ampleur des sanctions. Elles restent malgré tout plus réduites que prévu puisque les chefs d’accusation de « rébellion » (l’un des crimes les plus graves du code pénal espagnol qui leur aurait valu 25 ans de prison) et « trouble à l’ordre public » ont été abandonnés. Cette réduction de peines est sans doute un compromis du tribunal suprême qui tente vaille que vaille de concilier le besoin de sévir et celui de minimiser du mieux possible les manifestations de soutien qui découlent inévitablement de cette décision. Toujours en exil et en Belgique, Carles Puigdemont appelle à la mobilisation alors qu’il vient de se voir assigné un nouveau mandat d’arrêt international. Toujours aussi courageux le bonhomme… Non content d’avoir lâché ses collègues en quittant le pays il y a deux ans, il en appelle maintenant à la révolte tout en restant bien planqué à Bruxelles.

Vague d’intérêt pour la « trocante »

Des livres qui prennent la poussière dans une bibliothèque ou qui se transforment en vieux grimoires tant ils sont là depuis longtemps, c’est monnaie courante chez chacun d’entre nous. Mais si vous ne voulez pas les laisser pourrir sur une étagère, vous avez la possibilité de leur offrir une seconde vie. C’est le concept de la « trocante », une tendance grandissante dans notre plat pays. Le principe est simple : vous amenez les livres que vous ne lisez plus et vous repartez avec de nouveaux bouquins que d’autres ont déposé avant vous. Ce concept devrait séduire plus d’un amoureux de lecture tant il est possible de trouver des livres divers et variés : roman, polar, romantique, littérature enfantine ou encore fantastique. Il y a la possibilité de trouver des livres pour tous les goûts et tous les âges en fonction de ce que les gens déposent et chacun peut ainsi y trouver son compte. Cette pratique peut également permettre au lecteur de découvrir des oeuvres par lesquelles il n’aurait jamais été intéressé dans le commerce. La trocante ne coûte rien car si on dépose dix livres, on peut en reprendre dix autres. De ce fait, elle pourrait aussi faciliter l’accès à la lecture pour les personnes en situation de précarité ou celles qui n’y ont pas accès pour diverses raisons. Ce concept peut donc être entièrement validé et devrait faire bien des adeptes. C’était le cas le week-end dernier à Wanze où environ 200 personnes se sont échangés 1000 livres. Une réussite qui devrait en amener d’autres dans les mois ou les années à venir.

Tax shift driver

Quatre jours après avoir reçu l’accord de l’OMC, les États-Unis ont décidé d’imposer un total de 7,5 milliards de dollars de droits de douane supplémentaires sur les produits européens. Trump a justifié cette décision en dénonçant les « barrières énormes » mises en place par l’Union, avant de se dire ouvert aux négociations. Les Européens plaident justement depuis longtemps pour une négociation plutôt qu’une guerre commerciale. Mais cette offensive américaine pourrait faire riposter l’Union qui sera, très probablement, autorisée à son tour par l’OMC à établir de nouvelles taxes sur les importations américaines. En fait, Donald Trump a voulu se la jouer plus malin en disant d’abord non aux volontés de négociation de l’UE pour pouvoir imposer ses taxes, avant de revenir maintenant comme un oiseau pour négocier. Mais l’Union européenne ne va certainement pas se laisser faire et contre-attaquer. En attendant, les nouveaux droits de douane américaines concernent énormément de produits européens tels que les avions (contre la compagnie européenne Airbus), les vins français, les fromages italiens ou encore les whiskys écossais. L’une des premières taxes européenne de riposte devrait donc concerner les Boeing américains. Oeil pour oeil, dent pour dent non?

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