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Chronique hebdomadaire, la Revue de la semaine aura pour but de revenir sur certains sujets de la semaine écoulée, non pas en en listant la simple neutralité d’information mais en y apportant un point de vue, une critique ou une approche de réflexion. Plusieurs informations seront sélectionnées afin d’en livrer une courte analyse sans encombrer une chronique qui se veut directe. La volonté de la rédaction est d’amener chaque sujet à être traité et lu comme une brève.

« Fake news(papers) » au pays du Watergate

© Don Emmert – AFP

Il avait menacé, il est passé aux actes. Dans son habituelle guerre contre la presse, Donald Trump vient de tracer une nouvelle tranchée : le New-York Times et le Washington Post ne seront plus distribuées à la Maison Blanche. Lundi, le président américain s’était rendu chez son amie Fox News, la chaîne qui véhicule ses messages de haine et ses mensonges, pour anticiper son annonce. Il aura finalement fallu attendre jeudi pour que ces « fake newspapers » soient radiés de la White House. Tout en requalifiant la presse d’« ennemi du peuple », Trump s’est défendu d’un problème personnel avec les deux journaux concernés, préférant une nouvelle fois l’hypocrisie la plus totale : si ces abonnements n’ont pas été renouvelés, c’est parce que « cela représentera des économies substantielles pour le contribuable. » Bon, et si on remettait le tout dans le contexte? Trump est actuellement sous le coup d’une mesure de destitution qui ne risque cependant pas d’aller très loin comme nous l’avons déjà expliqué. Sauf si d’autres révélations éclatent d’ici à la prise de décision finale. Et si on remonte dans les années 80′, qui étaient les deux journaux à avoir sorti l’affaire du Watergate, aboutissant à la démission de Nixon (pour éviter d’être destitué)? Oh ben tiens, le New-York Times et le Washington Post justement. Pure coïncidence ou peur profonde du président à la mèche folle de nouvelles révélations plus graves cette fois? Poser la question, c’est sans doute déjà y répondre.

Quand les plus grands polluent le plus

Les 5 plus gros polluants mondiaux (dans l’ordre d’importance) : Coca-Cola, Nestlé, Pepsico, Mondelez et Unilever © Break Free from Plastic

La coalition internationale « Break Free from Plastics », composée de 1.475 organisations écologistes comme Greenpeace, a publié un rapport sur la provenance des déchets plastiques dans le monde. Celui-ci reproche aux multinationales de se « dédouaner du nettoyage de la pollution due à leur activité. » Ce rapport est basé sur un ramassage d’ordures organisé lors d’une « Journée mondiale du nettoyage de notre planète » en septembre 2019. Mise en place par des volontaires de la coalition, cette journée a été coordonnée dans 51 pays. Le grand gagnant des polluants n’est autre que Coca-Cola, avec 11.732 déchets plastiques recensés dans 37 pays sur quatre continents, suivi de Nestlé et Pepsico. Ces trois multinationales, en plus d’être les plus grands polluants, n’ont proposé que de fausses solutions (en parlant de bio-plastique ou de recyclage), repoussant le problème et mettant la responsabilité sur le dos des consommateurs. Le rapport souligne également que « les véritables responsables du gros de la pollution plastique en Asie sont des multinationales dont les sièges se trouvent en Europe et aux Etats-Unis ». Avec cette donnée en tête et en prenant connaissance des décharges publiques de déchets européens en Asie, il est risible de la part de l’Europe de critiquer et pointer le continent de l’Est du doigt sur sa pollution industrielle. La coalition demande à ce que les multinationales révèlent leur empreinte plastique, diminuent l’utilisation de plastique et ré-inventent les emballages pour les rendre réutilisables. Lorsque nos propres déchets se retrouvent en masse sur un autre continent, c’est qu’il est grand temps de revoir sa consommation de plastique, mais surtout d’appeler les multinationales à effectuer, elles aussi, les changements qu’il faut.

Petro-lobbying en terres européennes

© Imazpress

Vous vous étonnez que peu d’efforts semblent mis en place pour sortir des hydrocarbures en Europe, ou même de voir fleurir de nouveaux projets à long terme dans le même secteur? On peut désormais comprendre pourquoi la réalité ne suit pas toujours fidèlement la tendance des volontés ou même des accords signés. Entre 2010 et 2018, les cinq plus grandes compagnies pétrolières mondiales (BP, Chevron, ExxonMobil, Shell et Total) et leurs représentants ont dépensé plus de 250 millions d’euros en lobbying auprès de l’Union européenne. Selon l’étude réalisée par différentes ONG, « cela s’inscrit dans une attitude chronique du secteur pour retarder, affaiblir ou torpiller les actions pourtant si nécessaires en faveur du climat. » Si l’Union est considérée comme l’un des bons élèves en matière d’action contre le changement climatique, certains défenseurs de l’environnement considèrent que certains n’ont font pas assez, notamment dans la limitation des énergies fossiles. Avec cette étude, ils veulent prouver la collusion entre responsables politiques, pays et compagnies d’hydrocarbures. Les entreprises concernées crient évidemment au mensonge, aux chiffres trafiqués et à la manipulation, c’est étonnant. Si l’étude est une véritable bénédiction en matière de transparence et pourrait servir de base pour mettre à jour des responsables politiques achetés (si toutefois une telle enquête est un jour mise sur pied), les ONG se livrent ensuite à un petit exercice d’autoritarisme (ben oui, parce que le monde n’est pas tout blanc ou tout noir). Ils ont ainsi appelé à la création d’un « pare-feu » pour tenir les représentants du secteur des énergies fossiles à l’écart des responsables européens, de les empêcher de pouvoir se rencontrer lors des sommets européens. Et voilà comment on met sur place un régime autoritaire tout en se faisant passer pour les gentils : au nom du changement climatique, on élimine toute concurrence en empêchant ses « adversaires » de faire exactement ce qu’on fait (et oui, le lobbyisme pro-écologique existe tout autant que n’importe quel autre) et hop on s’arroge la totalité du milieu. En l’absence de contrepoids, on imagine déjà le déferlement de propagande que l’on pourrait connaître. Et dans son essence même, la propagande est une dérive et n’est en rien objective. Dénoncer l’agressivité du lobbyisme des hydrocarbures c’est bien, remplacer du lobbyisme par un lobbyisme bien plus poussé et sans retenue c’est faire pire qu’avant.

Contribution internationale dans une mission lunaire

L’empreinte laissée sur la surface de la lune est purement américaine, mais cette réalité pourrait être sur le point de changer. L’instigateur de cette idée n’est autre que Jim Bridenstine, le directeur général de la Nasa himself. Il vient en effet d’annoncer être ouvert à une contribution internationale dans le cadre de sa mission lunaire Artemis 3, prévue pour 2024. Un projet ambitieux impliquant un vaisseau (Orion) et une mini-station spatiale (Gateway). Les propositions affluent : de la part des Japonais mais aussi des Européens, désireux d’apporter leur pierre à l’édifice. L’agence spatiale européenne (ESA) fournira déjà eau, air, électricité et propulsion au vaisseau Orion de la Nasa, qui étudie activement les possibles ressources de l’objet céleste afin de potentiellement y vivre. Dans un contexte de « crise environnementale », les découvertes effectuées semblent automatiquement s’articuler autour d’une optique de résider ou coloniser un autre astre de notre système solaire, le débat autour de la planète Mars étant un parfait exemple de cette tendance. Cette perspective salvatrice reste parfois lointaine, et n’est pas forcément le but premier des recherches effectuées. On ne peut néanmoins nier qu’elle est très majoritairement présente, et non négligeable dans cette période d’interrogations et d’inquiétudes par rapport à notre planète mère.

Catastrophe en Catalogne pour les indépendantistes

© Josep Lago – AFP

Ils étaient 80.000 selon la police. Ils ont défilé dans les rues de Barcelone. Et pourtant, ils ne veulent pas de l’indépendance de la Catalogne. Ils sont venus marquer leur mécontentement des manifestations pro-indépendantistes et des débordements qui s’y sont produits. Pour rappel, les services de santé ont relevé 600 blessés sur les quatre nuits de combats de rue qui ont suivi la condamnation du 14 octobre par le Tribunal espagnol des neuf leaders séparatistes. Si les indépendantistes scandent « les rues seront toujours à nous », les manifestants de dimanche clamaient que « les rues sont à tout le monde. » Affublés de drapeaux espagnols et catalans, ils sont venus représenter « la majorité silencieuse » : le dernier sondage réalisé par le gouvernement régional séparatiste révélait en effet que si 44% des Catalans sont partisans de l’indépendance, 48,3% d’entre eux s’y opposent farouchement. La tension est en tout cas à nouveau montée d’un cran en Catalogne à quinze jours seulement des élections législatives du 10 novembre qui s’annoncent déjà cruciales. Si les sondages s’avèrent exacts (ce qui n’est évidemment pas certain), c’est une dégelée qui s’annonce pour les séparatistes qui perdraient les élections. Ces projections montrent en tout cas que la situation en Catalogne n’est clairement pas aussi évidente que veulent bien le dire les indépendantistes.

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