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Après plusieurs mois de confinement, le monde européen s’apprête à ressortir progressivement au grand air. L’occasion pour certains de repartir sur de bonnes bases, plus saines. Autant alors se tourner vers la Lettonie, temple de la cure détox 2.0 au jus de bouleau.

Un petit trou dans un tronc, une bouteille au bout et quelques gouttes de sève qui s’écoulent lentement. C’est le spectacle particulier que l’on peut retrouver dans la majorité des forêts lettones en cette période de l’année. La récolte de sève de bouleau est l’une des occupations préférées des Lettons, sans doute plus encore cette année avec le confinement. La loi autorise d’ailleurs chaque habitant à le faire (un seul trou par individu tant que le diamètre de l’arbre est supérieur à 40cm) puisque la boisson qui en est tirée regorge de vertus.

Au printemps, lorsque les sols dégèlent, les bouleaux absorbent l’eau riche en minéraux contenue dans la terre pour la transformer en sève. Et à la fin du mois d’avril, la sève commence à monter dans les arbres. C’est l’inauguration de la récolte, qui dure entre trois et quatre semaines. Lors de celle-ci, près de 10 litres sont prélevés par arbre chaque jour. Puis il faut le laisser se reposer plus ou moins quatre ans avant de pouvoir le saigner à nouveau. En résulte un liquide presque laiteux très apprécié pour ses vertus dépuratives et au succès grandissant. Au point de devenir un véritable produit d’exportation.

Une reconnaissance séculaire

© Strada

Consommée dès le Moyen-Âge au renouveau des saisons, la sève de bouleau aidait déjà à drainer et détoxifier l’organisme. Autrefois appelé « arbre de la sagesse » dans l’Europe du Nord, le bouleau est vanté pour ses vertus dès le 12ème siècle : les populations de Sibérie, Russie et Scandinavie y buvaient déjà une boisson vitalisante et bienfaisante. Aujourd’hui, il s’agit d’une boisson traditionnelle de pays comme la Pologne, la Biélorussie, l’Ukraine, la Russie, les pays baltes et les pays scandinaves.

La sève de bouleau possède des propriétés rafraîchissantes et médicinales : elle sert à tout, aussi bien à lutter contre les allergies qu’à venir à bout de tâches cutanées. Et les Suédois en font même un vin mousseux. Leurs bûcherons l’enrichissaient à l’époque avec de l’alcool distillé pour les grandes occasions mais il a fallu plusieurs années d’expérimentations pour lui enlever son léger goût de vinaigre. Le mousseux Sav est ainsi fabriqué à partir de la sève de bouleaux du nord de la Suède, le climat rude de la région accentuant la différence de goût de la sève. De manière plus générale, le jus est un véritable cocktail de vitamines et de minéraux largement utilisé lors de cures de détox. Une affirmation qui vaut tout autant pour le jus des bouleaux urbains plus exposés à la pollution, car les racines de l’arbre jouent le rôle de filtre.

Un puits de vertus en boisson

© Pharmasimple

Bourrée de minéraux, la sève de bouleau apporte des oligo-éléments essentiels (calcium, magnésium, fer, zinc, manganèse) mais aussi des acides aminés, de la vitamine C et des antioxydants. C’est un cocktail de principes actifs qui participent à la minéralisation de l’organisme et au renforcement des défenses naturelles. Utilisée pour drainer l’organisme et retrouver un transit équilibré, c’est le parfait allié des régimes minceur et détox. Les cures de bouleau durent en moyenne 20 jours (un verre de 60 à 100ml tous les matins à jeun) et sont renouvelables dès le mois suivant.

Le remède est utilisé pour renforcer l’immunité, lutter contre la fatigue, traiter l’arthrite, réduire les douleurs articulaires et prévenir les migraines. On lui dénombre cependant encore d’autres bienfaits potentiels tels que l’élimination de la cellulite (élimination des toxines nocives, de l’acide urique et de l’excès d’eau), l’abaissement du cholestérol (contient de la saponine, une molécule pouvant réduire le cholestérol), l’amélioration de la santé du foie (permet d’éliminer les toxines que seul le foie peut traiter comme l’alcool, les graisses saturées et les pesticides) et des reins (filtre les déchets des voies urinaires tels que l’acide urique, les phosphates, l’urée et l’ammoniac), la protection de la peau (protège les cellules de la peau du stress oxydatif, des rayons ultraviolets et de la pollution de l’air) et une cicatrisation plus rapide (augmente la capacité de la peau lésée à éliminer les tissus morts et les bactéries et permet la prolifération et la migration cellulaire).

En Lettonie, la tradition séculaire pourrait laisser place à une opportunité économique. Le remède gagne en popularité et la demande ne cesse d’augmenter. La moitié du pays est recouverte de forêts, ce qui pourrait pérenniser la sève de bouleau comme un véritable produit d’exportation viable. Outre sa boisson pure, celle-ci se prête aux expérimentations culinaires et les producteurs locaux la font fermenter. Légèrement gazeuse, ils la mélangent à du jus de citron ou de cassis pour lui ôter son amertume. D’ici quelques années, les pays baltes seront peut-être enfin (re)connus en Europe occidentale pour autre chose que leurs vodkas.

2 Replies to “En Lettonie, la saison du détox a commencé”

  1. Une preuve supplémentaire que la nature peut nous apporter beaucoup. Une raison supplémentaire de la préserver

  2. Et moi qui pensait que le jus de sureau était le graal des boissons issues des arbres… Ca doit être sympa la Lettonie avec une telle surface boisée.

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