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Les amateurs de sports équestres connaissent le saut d’obstacles, le dressage, l’endurance, l’attelage, ou encore le concours complet d’équitation. Mais les plus curieux savent qu’il existe une discipline équestre moins connue : le horse-ball. Découverte.

Le horse-ball est un sport équestre collectif qui oppose deux équipes de six joueurs (quatre sur le terrain et deux réservistes). Cette discipline se joue avec un ballon assez léger muni de six anses en cuir et une sangle de ramassage, véritable atout pour ramasser la balle avec plus de facilité. Le but est simple : marquer des buts dans le camp adverse, par un jeu de passes, d’attaques et de défenses, sans jamais descendre de sa monture. À la vitesse du cheval, s’ajoute celle de la passe… Des buts, de belles actions collectives, de la rapidité et de la technicité : tout cela donne un sport ultra spectaculaire! Il est un mélange savoureux entre le rugby et le basket, mais sur un cheval.

Origines et histoire

Joueur de horse-ball tentant de marquer un panier © Béatrice Murch

Le horse-ball est chargé d’histoire puisqu’il s’inspire du pato argentin (identique au horse-ball mais avec trois joueurs dans chaque équipe et sans sangle de ramassage). Ou du bouzkachi afghan, sport national qui consiste à aller ramasser une carcasse de chèvre lancée au milieu d’un cercle de cavaliers. La première apparition du horse-ball date des années 30, sous l’impulsion du capitaine Clavé. À cette époque, les cavaliers de la Garde Républicaine étaient très friands de ce sport qu’ils pratiquaient plutôt pour se détendre. Il faut cependant attendre 1970 pour que le sport soit reconnu par la Fédération française d’équitation (FFE), grâce aux frères Depons qui ont dépoussiéré ce jeu équestre.

Les premiers Jeux équestres ont eu lieu dès 1979, à Poitiers. Le nom horse-ball n’est alors pas encore d’actualité. S’ensuit après une ascension fulgurante au fil des années : en 1986, le horse-ball devient une discipline fédérale, il n’est plus considéré comme un simple jeu. En 1988, le sport sort du territoire français grâce à une démonstration au Portugal. Puis, en 1989, la première rencontre internationale se joue entre la Belgique et la France. Quelques années plus tard, la première Coupe d’Europe a lieu en 1992. La première compétition exclusivement féminine se déroule en 1995, en Angleterre. Enfin, le premier championnat du monde de horse-ball se tient en Argentine, en 2006.

C’est Jean Speetjens qui exporte ce sport en Belgique et fonde la Fédération belge de horse-ball vers 1987. Plus de trente ans plus tard, la discipline peine toujours à se faire connaître au plat pays. Il y a quelques années, on y recensait près de 25 équipes de horse-ball mais aujourd’hui, il n’y a plus qu’une seule équipe en Wallonie (à Bierges) et dix en Flandre. Il semblerait cependant que la pratique du horse-ball plaise aux nouvelles générations. Un engouement tel que Stephane Vanneste, arbitre de horse-ball, a mis sur pied une ASBL visant à promouvoir le sport chez les jeunes pousses.

Des règles simples et efficaces

Championnat de France de horse-ball féminin © FFE

Tout d’abord, le horse-ball se joue aussi bien à cheval qu’à poney ou shetland. Il est aussi important de savoir que le horse-ball ne peut se jouer qu’en équipes mixtes ou féminines : il n’existe pas de catégories exclusivement masculine, elles peuvent exister mais doivent concourir dans la catégorie mixte. Les horseballeurs se retrouvent face à face sur un terrain en sable de 70m sur 30m durant deux périodes de dix minutes. Le terrain est délimité sur les côtés par un boudin suivi d’une zone tampon de deux mètres en indoor et de trois mètres en extérieur. Bien évidemment, seuls les arbitres, les soigneurs et les remplaçants ont le droit d’entrer dans la zone de sécurité.

Les joueurs doivent ramasser sur le sol, sans jamais descendre du cheval et sans s’arrêter, un ballon qu’ils doivent ensuite envoyer dans des buts fixés en hauteur et aux extrémités du terrain. Les anses permettent aux joueurs de garder le ballon en main plus facilement mais également au défenseur pour le subtiliser plus aisément. Cette technique est celle de l’arrachage : deux adversaires tiennent chacun une anse du ballon et tirent jusqu’à ce que l’un des deux lâche. Il est en outre interdit de garder le ballon plus de dix secondes dans les mains : il faut d’ailleurs que trois passes soient effectuées entre trois cavaliers différents avant de pouvoir tenter sa chance face au but.

Le cavalier ayant souvent les deux mains occupées par le ballon, le cheval dispose d’une grande liberté d’action. Ceci implique un dressage extrêmement pointu. Comme il s’agit d’un sport de contact, cela entraîne des protections importantes pour le cavalier et son cheval. Ce dernier est équipé d’une protection aux quatre pattes tandis que le cavalier est équipé d’un casque, d’éperons et de genouillères. Pour protéger les chevaux et pour éviter qu’ils ne se blessent en dessous du panier, un arceau métallique d’un mètre de diamètre, une structure gonflable d’une hauteur minimum d’1m60 est disposée.

Deux adversaires à la lutte pour le ballon © Bernard Cholet

Assez étonnement, le horse-ball est un sport récent mais rempli d’histoire. C’est une discipline spectaculaire qui demande des aptitudes particulières telles que la souplesse, l’adresse, la force ou encore la combativité. Malgré des qualités individuelles nécessaires, c’est l’idée de la collaboration au sein de l’équipe qui est principalement mise en avant. Soit un cocktail sportif détonnant qui mêle rugby, basket et équitation. Pour le plus grand bonheur des fans et des athlètes.

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