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Casque vissé sur la tête et vélo, BMX, draisienne ou trottinette entre les mains, les pratiquants sont prêts à s’élancer sur une piste composée de bosses puis de virages surélevés puis encore de bosses. Cette discipline s’appelle le pumptrack. Zoom sur ce sport méconnu.

Le pumptrack est l’un des derniers arrivés dans la grande famille du cyclisme. C’est l’une des grandes tendances actuelles des sports de glisse. Une discipline en plein essor pratiquée par tous, des enfants aux professionnels. Les vélos, skateboards ou autres trottinettes s’élancent sur un serpentin d’asphalte fermé, composé de plusieurs bosses consécutives et de virages relevés. Vu d’en haut, le parcours ressemble presque à une piste de bobsleigh. Pour comprendre facilement de quoi il s’agit, il suffit de traduire mot à mot ce que signifie pumptrack : track énonce la piste tandis que pump signifie pomper. L’action décrit les mouvements de « flexion-poussée » effectués par une action combinée des bras et des jambes sur le vélo. C’est grâce à ce mouvement de « pompage » sur les creux et les bosses du parcours que le pratiquant pourra augmenter sa vitesse sans utiliser les pédales.

Un sport hybride du cyclisme sur bosses

© ridersmatch

Le pumptrack est un jeune sport, une dizaine d’années tout au plus. En réalité, ce sont des pilotes de VTT de descente australiens qui ont fondé la discipline en 2002. Son origine vient du BMX qui provient lui-même du motocross. En fait, le pumptrack en est un sport hybride. La première piste américaine a vu le jour en 2004. En France, ses parcours ont fleuri dans les stations de ski pour offrir une alternative estivale aux vacanciers il y a seulement quelques années. Aujourd’hui, les pumptracks deviennent tout ce qu’il y a de plus tendance et pourraient bien reproduire l’effet skatepark des années 1990. D’autant plus que le sport est, à présent, reconnu par l’UCI (Union cycliste internationale.)

Un sport ouvert à tout public

© nendaz

Issu du skateboard mais aussi du BMX, l’exercice s’adapte à toutes les tranches d’âges et à tout ce qui a des roues, ou presque : du bambin sur sa draisienne jusqu’aux génies du skate ou du BMX freeride. Outre l’aspect compétition, le pumptrack se révèle très accessible. Son but? Amener les gens qui aiment le vélo ou tout autre engin qui possède des roues à s’amuser en famille sans prendre trop de risques. Il existe même des pistes modulables, semi-temporaires et déplaçables à la journée. Un réel atout supplémentaire pour implanter ce sport de manière durable en favorisant les initiations. Le seul prérequis pour pratiquer ce sport cycliste est d’être capable de se propulser pour atteindre le sommet de la plus haute bosse du parcours. Mais il n’y a pas besoin d’un niveau particulier, le pratiquant se déplacera juste de plus en plus rapidement à mesure qu’il évoluera techniquement. Les pistes sont réparties par niveaux, référencés par un code couleur, comme en ski, du plus facile au plus dur : vert, bleu, rouge.

Dans notre plat pays, ce sport sur roues n’est pas encore énormément pratiqué. La seule piste de pumtrack de Belgique se situe dans la banlieue de Genk. Cependant, plusieurs projets pour implanter d’autres pistes sur le territoire sont à l’étude, notamment à Anvers, Louvain, Bruxelles mais aussi en Wallonie. Le sport arrive donc chez nous mais il lui faudra du temps pour s’implanter durablement.

Une discipline très exigeante physiquement

© Thyon

Ce sport, au vu du terrain, ne nécessite pas de pédaler mais d’agir en flexion avec ses bras et ses jambes pour prendre de la vitesse. Et malgré son apparence aisée, le pumptrack permet de travailler de nombreuses qualités physiques et techniques. Le fait d’évoluer dans des bosses aide à booster l’équilibre (en adaptant en permanence sa position en fonction des variations du relief), l’agilité et les réflexes (le pratiquant étant rarement seul dans un pumptrack, il doit pouvoir éviter les autres). Mais aussi le physique (quelques tours suffisent à s’essouffler) et la coordination liée à la technique de pompage qui fonctionne grâce à une bonne synchronisation des mouvements de flexion.

C’est parce que sa pratique est aussi complète et sportive que le pumptrack est pratiqué en compétition. Ces grands tournois sont organisés par Red Bull et Crankworx. Comme la discipline est encore récente, chacun des deux organisateurs utilisent ses propres règles. Par exemple, les compétitions de la marque de boisson énergisante (sponsor principal de la majorité des sports du genre) sont ouvertes aux VTT et BMX sur des pistes de béton. À l’inverse, les épreuves de Crankworx interdisent de pédaler et sont uniquement ouvertes aux VTT sur des pistes en terre. Mais dpuis 2019, l’UCI a reconnu officiellement le pumptrack et est en train de mettre en place des règlements spécifiques pour la discipline.

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Le pumptrack est une discipline singulière accessible à tous mais qui demande tout de même certaines capacités physiques. Tous les participants viennent chercher la même chose : glisse et adrénaline. Malgré le peu de connaissance sur cette discipline, l’implantation de pistes de pumptrack commence à se développer. Le pumptrack est un terrain de jeu accessible à tout ce qui roule, une pratique jeune et en plein boom qui pourrait bientôt connaître la même hype que ses cousines.

One Reply to “Qu’est-ce que tu sport? | Le pumptrack”

  1. ,Cette rubrique nous fait toujours découvrir des disciplines encore méconnues du grand public. Sympa de la retrouver

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