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Plus qu’une simple revue des événements de la semaine écoulée, cette chronique se veut critique, réflexive et anglée. Que s’est-il passé cette semaine que l’on puisse soumettre à l’oeil de la critique et du recul? Tel est l’objectif de la Revue de la semaine.

Des tremblements de terre qui réchauffent l’Arctique?

Le constat est clair : le réchauffement climatique s’est accéléré ces dernières années et menace l’équilibre de notre planète. Mais en dehors de l’impact de l’espèce humaine, les causes de cette hausse climatiques restent relativement mystérieuses. Une équipe de chercheurs russes vient peut-être de mettre le doigt sur une partie de la réponse. Au cours du 20ème siècle, la région arctique a connu deux périodes de hausse brutale de températures (1920-1930 et 1980-aujourd’hui), mettant à mal son écosystème et participant au réchauffement climatique. Par corrélation, l’équipe russe a pu relier ces deux hausses brutales à deux violents épisodes de tremblements de terre successifs dans les îles Aléoutiennes. Selon leur étude, ces périodes sismiques importantes se sont répercutées en Arctique par une augmentation exponentielle des émissions de méthane, entraînant les hausses brutales de températures et le réchauffement climatique de la région. Une contre-étude a déjà été lancée par la communauté scientifique pour s’assurer de la solidité de cette nouvelle théorie. Si celle-ci s’avère exacte, c’est une énorme avancée pour la compréhension de l’évolution de notre planète et, in extenso, pour la lutte contre son réchauffement.

Une messe en drive-in

Tous les secteurs sont touchés par la dure loi du Covid-19, et même l’Église n’y échappe pas. Cette année, il n’était pas possible pour les prêtres de célébrer normalement les messes de Noël. À Arlon, pour permettre au plus grand nombre d’assister à l’eucharistie, on n’a pas manqué d’originalité. Les fidèles ont en effet pu participer à la messe depuis leur voiture. Une super initiative pour permettre aux paroissiens de pratiquer leur foi. Le prêtre était en hauteur sur une remorque pour célébrer la messe, qui était diffusée via les autoradios. Une chose est sûre, cette crise aura permis aux gens d’être innovants. Et si tous ces événements en drive-in devenaient la norme pour un certain temps? Très en avance en termes de créativité, les pays baltes ont ainsi permis à certains secteurs de l’événementiel (concerts, spectacles humoristiques,…) de continuer à se jouer en drive-in. En attendant une possible démocratisation de l’initiative, l’humain crée, modifie et révolutionne le monde en trouvant des alternatives aux pratiques quotidiennes. Sur le plan idéologique, cette action originale montre également que la foi ne va pas se laisser abattre par une pandémie.

50 millions d’arbres vont être plantés

Récemment, le ministre français de l’agriculture, de l’alimentation et des forêts Julien Denormandie a annoncé un plan de « repeuplement » des forêts du pays. Le but : lutter contre les effets du réchauffement climatique en plantant 50 millions d’arbres. L’opération coûterait près de 200 millions d’euros et les écoles et l’éducation nationale pourraient se joindre au projet. Les plants et graines seront choisis en fonction du climat, pas question donc de mettre n’importe quel arbre dans n’importe quelle forêt : « Prenez des futaies de frênes aujourd’hui. Les frênes ont besoin d’humidité certaine, et il y a plein d’endroits où on se dit que si on replante des frênes, dans 30 ou 40 ans ils n’arriveront pas à résister. » Même si on peut douter de l’efficacité de ce projet (après tout, il faudrait attendre plusieurs années avant que les arbres grandissent et qu’on puisse observer un changement sur le réchauffement climatique), il ne faut certainement pas nier que c’est un projet concret, positif et sur le long terme. Si le ministre Julien Denormandie arrive en effet à associer les écoles et l’éducation nationale au projet, ce serait l’occasion de sensibiliser une grande partie de la population, et dès le plus jeune âge, à l’écologie, aux enjeux climatiques et à la protection de la nature. Enfin un projet et des actes concrets pour la protection de la nature.

Manges le python avant qu’il ne te mange

Lutter contre l’invasion d’une espèce animale en la mangeant, c’est habituellement le rôle des super-prédateurs et des carnivores au sommet de la chaîne alimentaire. Mais cela pourrait également bientôt devenir celui des restaurants de Floride. Introduit dans les Everglades dans les années ’80, le python birman s’est particulièrement développé, au point d’envahir désormais la région entière et d’en déséquilibrer l’écosystème. Depuis plusieurs années, la Florida Fish and Wildlife Conservation Commission autorise ainsi la population de l’État à « se débarrasser des pythons de façon respectueuse et sans cruauté. » Mais ce n’est pas suffisant et une série de restaurateurs ont eu une idée : pourquoi ne pas profiter de ce besoin de diminuer le prédateur pour en faire des burgers? Aussi farfelue et capitaliste soit-elle, cette idée a fait son bout de chemin puisque le Florida Department of Health a ouvert une enquête sur la comestibilité de leur chair. En attendant le verdict, la région entière se prépare à la mise en place de la nouvelle hype culinaire de la région. À défaut de tirer profit d’un déséquilibre créé par l’homme, il faudra un jour accepter l’idée qu’introduire des animaux dans un milieu naturel qui n’est pas le leur n’est que très rarement une bonne idée pour ce milieu naturel.

Au revoir général Robert E. Lee

Déboulonnage de la statue du général Lee © Jack Mayer

C’était annoncé, c’est désormais officiel : la statue du général confédéré Robert E.Lee a été retirée du Capitole, à Washington. Avant d’être déboulonnée, cette statue trônait dans le National Statuary Hall du bâtiment depuis 111 ans. Cette décision intervient suite à une année de lutte contre le passé raciste des Etats-Unis, le général Lee étant un fervent défenseur de l’esclavage. Certes, le racisme, surtout passé, doit être vivement combattu mais détruire ou déplacer tous les monuments et statues en lien est-ce la bonne solution? Cacher un témoignage du passé que l’on pourrait justement utiliser contre lui? Au contraire, cela devrait servir à l’éducation des jeunes générations, pour éviter que ce fléau ne devienne la norme. Montrer et exhiber ces souvenirs et les confronter à leurs crimes, c’est comme cela que l’on mettra un terme à ce fléau. Et certainement pas en cachant ces objets comme si ils n’existaient pas. Ce n’est pas parce que la statue du général Lee ou de Léopold 1er est détruite que le passé colonial va être supprimé. Au contraire, il sera mis de côté, oublié, séquestré. De telle sorte que l’on aura juste détourné les yeux d’un problème profond et toujours présent. Au Capitole, on a choisi un entre-deux : la commission de Virginie a recommandé, à la place de la statue du général Lee, l’installation d’une représentation de Barbara Johns, une pionnière du mouvement des droits civiques et un symbole de la lutte contre la ségrégation raciale. Une décision lourde de sens et qui serait une très belle avancée pour les droits civiques. L’Assemblée générale de Virginie étudiera la proposition à partir du 13 janvier 2021.

La Chine encore championne des droits de l’Homme

© Zhang zhan – Capture d’écran Youtube

Il n’est pas bon d’être journaliste en Chine. Il n’est pas bon tout simplement d’y exprimer ses opinions sur le régime actuel. C’est ce qu’a fait Zhang Zhan, journaliste citoyenne chinoise. Cette ex-avocate de 37 ans s’est rendue à Wuhan en février en pleine pandémie. Elle a diffusé des reportages sur la situation chaotique d’alors sur les réseaux sociaux, critiquant la gestion de la Chine. Elle s’est également positionnée ouvertement contre le confinement, le considérant comme « une grave violation des droits de l’Homme ». Arrêtée pour « provocation aux troubles », elle est condamnée à quatre ans d’emprisonnement pour avoir, selon le tribunal, diffusé de fausses informations sur Internet. Elle n’est malheureusement pas la seule à avoir été arrêtée pour cette raison, régulièrement invoquée contre les opposants au régime chinois. Trois autres journalistes citoyens ont ainsi été placés en détention pour avoir couvert les événements du coronavirus. Que l’on soit pour ou contre le confinement est une chose, enfermer des citoyens qui veulent couvrir des événements et tentent d’avoir un esprit critique, c’en est une autre. L’Union européenne demande par ailleurs la libération immédiate de Zhang Zhan ainsi que celle de défenseurs de Droits de l’Homme et autres personnalités détenues pour avoir apporté des informations « d’intérêt public ». Encore une fois, la Chine ne remporte certainement pas la coupe des Droits de l’Homme. Informer et être informé est un droit des plus basiques.

NASA : Naufrage Automatique des Singes Adoptés

C’est un secret de polichinelle puisque l’organisation ne s’en cache même pas : la NASA utilise régulièrement des singes pour divers expériences relatives à la conquête de l’espace. L’agence spatiale américaine a toujours clamé le respect de ses cobayes-primates mais c’est peut-être un tsunami qui vient de se dresser en face de l’entreprise. Un rapport accablant vient en effet d’être publié et atteste que l’agence spatiale a ordonné la mort de 27 primates sans jamais envisager de les replacer dans un sanctuaire spécialisé pour une fin de vie paisible. Ils faisaient tous partie du programme de recherche implanté à Ames (Californie) et ont tous été tués le 2 février 2019. Dans les faits, 21 d’entre eux souffraient de Parkinson mais n’ont visiblement « pas été considérés comme dignes d’une chance de vivre dans un sanctuaire. » L’une des scientifiques de la NASA s’est défendue en avançant que l’agence spatiale avait joué le rôle de sanctuaire, une déclaration qui a radicalisé encore le discours des défenseurs des animaux. Il est évident qu’effectuer des tests sur des primates n’est pas vraiment l’idée que l’on peut se faire d’un sanctuaire pour animaux. Depuis plusieurs années, le gouvernement américain a entamé des mesures pour diminuer progressivement l’utilisation des primates dans la recherche mais près de 74.000 d’entre eux ont encore été utilisés en 2017. Le scandale qui tombe actuellement sur le dos de la NASA pourrait en accélérer l’éradication.

Les brèves

  • Des catastrophes climatiques plus coûteuses en 2020 : 150 milliards de dollars, c’est le coût des dix catastrophes les plus chères de 2020 selon un rapport publié par l’ONG Christian Aid. Parmi les plus importantes, les tempêtes Alex et Ciara (5,9 milliards de dollars), les incendies en Australie (5 milliards de dollars) et les feux sur la côte ouest des États-Unis (20 milliards de dollars). La somme des coûts est plus importante qu’en 2019 et reflète bien l’impact grandissant du réchauffement climatique. Ces catastrophes ont fait 3500 morts et ont déplacé plus de 13,5 millions de personnes. Il est temps d’agir.
  • Signal étrange en provenance de l’espace : des astronomes australiens ont détecté un étrange signal radio provenant visiblement de l’étoile la plus proche du soleil, Proxima du Centaure. Le signal a été capté par le projet Breakthrough Listen qui consiste à écouter des radiodiffusions de plusieurs étoiles à la recherche d’une vie extraterrestre. Le signal, baptisé BLC-1, est d’une fréquence que seules des technologies humaines (comme un satellite) peuvent émettre. Jusqu’à aujourd’hui? La thèse d’une origine humaine n’est, selon les astronomes, pas plausible. L’analyse n’est pas encore terminée mais, pour l’instant, astronomes et astrophysiciens n’ont aucune explication.

2 Replies to “Revue de la semaine #42 : statue retirée, arbres plantés et singes euthanasiés”

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