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Depuis la nuit des temps, l’étude du Ciel, des étoiles et de l’univers a passionné l’espèce humaine. Paradis des Dieux, cloche céleste, jardin des astres, origine de la vie, développement futur,… les formes d’expression ont peut-être changé mais l’intérêt pour l’astronomie est toujours resté. Flash d’Information Spatiale est une chronique bi-mestrielle dont l’objectif est de remédier à cette soif de connaissances. Le tout sur un ton léger et décalé.

Les toucans peuvent-ils être cannibales?

© Mark Garlick – AFP

Si vous vous y connaissez un minimum en oiseaux exotiques, vous savez que le toucan est un volatile au bec bardé de couleurs vives. Mais dans l’espace, c’est bien le noir qui domine. Une récente étude vient en effet de révéler la présence de neuf nouvelles étoiles en bordure de la galaxie Toucan II (située à 189.000 années-lumière). Une découverte qui a permis de prouver que la galaxie fossile (ancienne galaxie dont la formation remonterait à « juste après le Big Bang ») est non seulement deux fois plus grande qu’on ne le pensait mais qu’elle contient également beaucoup plus de matière noire, réunie sous la forme d’un halo entourant la galaxie. Grâce à ces nouvelles données, il semblerait que Toucan II soit le fruit d’un cannibalisme cosmique (fusion de deux galaxies primitives). On nous avait pourtant toujours appris qu’ils étaient frugivores ces oiseaux là. Comme quoi.

Non, Vénus n’a pas adopté la Tecktonik

© NASA

Depuis plusieurs décennies, c’était une théorie presque convenue dans le milieu de l’astronomie : Vénus et la Terre seraient toutes deux animées par une tectonique des plaques. Mais une nouvelle étude vient contredire ce lieu commun. Elle s’est basée sur les observations du cratère Mead grâce aux images prises par le satellite Magellan en 1990. En simulant l’impact à l’origine de Mead, il s’est avéré que la lithosphère (couche externe de la croûte d’une planète) vénusienne devait être beaucoup plus épaisse que celle de notre planète bleue. Une épaisseur qui ne cadre pas avec la physique d’une tectonique des plaques. Pour appuyer leur découverte, les chercheurs ont reproduit leur modèle sur d’autres cratères de Vénus qui ont tous donné des résultats similaires. Vénus ne serait donc pas une « planète vivante » comme notre Terre.

Découverte d’un « cluster » dans l’espace

© Alain Riazuelo – IAP

À force d’entendre parler de coronavirus partout et tout le temps, on en deviendrait matrixé. Certes, un « cluster » a bel et bien été découvert dans l’univers mais rassurez-vous, il n’y est aucunement question d’un quelconque virus. En cherchant des trous noirs de masse intermédiaire dans l’amas globulaire NGC 6397 (ou Caldwell 86, on vous laisse choisir), situé à 7800 années-lumière, les télescopes Hubble et Gaia ont débusqué un cluster (terme scientifique) de vingt trous noirs. Tous compris dans une sphère de « seulement » 34 années-lumière de rayon. Et vous vous plaignez du Triangle des Bermudes? Cette découverte renforce par la même occasion la théorie sur l’existence de trous noirs intermédiaires (quelques dizaines de fois la taille du soleil).

Après Gliese 581g, une nouvelle disparition toute 9?

Il y a un peu plus de dix ans, l’exoplanète Gliese 581g était découverte autour de la naine rouge Gliese 581. Une décennie plus tard, il est désormais convenu que cet astre n’ait jamais existé. C’est un petit peu ce qui arrive à Planète 9, un astre « découvert » autour de Neptune il y a quelques années maintenant. En observant la présence de nombreux objets transneptuniens, une théorie se met à l’époque en place selon laquelle seule l’attraction d’une planète au moins dix fois plus massive que la Terre pourrait expliquer cet amas d’objets. Depuis, les théories et démonstrations se sont succédées sans jamais rien pouvoir prouver. Une récente analyse publiée dans plusieurs revues scientifiques s’accorde à dire que l’observation de ces objets était flouée par des circonstances extérieures. Concrètement, ces objets n’étaient amassés que parce qu’ils en avaient l’air.

Cultiver des champignons sur Mars, c’est possible?

Le ballon MARSBox © NASA

Perseverance est parti sur Mars pour trouver des traces de signe de vie, ne serait-ce qu’anciennes. Pendant ce temps, le projet « MARSBox » a tenté de déterminer si des micro-organismes (des champignons Aspergillus niger plus précisément) pouvaient résister aux mêmes conditions atmosphériques que la planète rouge. Bonne nouvelle, les résultats sont positifs : ces champignons peuvent bel et bien survivre dans l’atmosphère martienne. Mais seulement temporairement. L’objectif de ces études est de calculer le risque sur la santé que pourraient représenter les micro-organismes emportés inconsciemment lors de missions humaines vers la planète rouge. Mais aussi de s’assurer que ces micro-organismes, une fois arrivés sur place avec la mission, ne soient pas assimilés à une forme de vie trouvées sur place. On ne parvient même pas encore à implanter durablement des champignons sur Mars, autant dire qu’on n’est pas prêt de pouvoir y envoyer un homme.

Phobos et Déimos sont-elles le même astre?

© Université Paris Diderot

Parmi les mystères de notre système solaire les plus énervants pour les astronomes, on retrouve l’énigmatique origine des lunes martiennes Phobos et Déimos. Généralement, les satellites naturels des planètes de notre système solaire le sont devenus en rentrant dans le champ de gravitation de leur planète mère. Mais les caractéristiques des orbites des lunes martiennes ne cadrent pas avec cette possibilité. De récents calculs de chercheurs zurichois apportent un peu de poids à une nouvelle théorie en vogue, celle de la collision entre Mars et autre corps céleste. Grâce à l’étude de la structure interne de la planète rouge, il ressort qu’elle aurait bel et bien subi une collision il y a entre 1 à 2,7 milliards d’années. Phobos et Déimos seraient alors les débris restants de l’astre que Mars aurait percuté. Pour définitivement percer le secret, il faudra cependant se rendre sur place pour étudier directement les objets.

Une Super-Terre pour remplacer notre Terre en danger?

© T. Pyle – NASA

Pour détecter les exoplanètes, les astronomes utilisent généralement la méthode dite de vitesse radiale. Celle-ci consiste à déterminer si l’étoile observée s’éloigne ou se rapproche de la Terre, des mouvements qui témoignent d’une certaine influence gravitationnelle d’une planète autour de l’étoile en question. Grâce à cette technique, des chercheurs espagnols ont découvert une nouvelle Super-Terre baptisée GJ 740 b. Une « Super-Terre » est une exoplanète dont la masse est comprise entre celle de la Terre et celle d’une planète géante (+/- dix fois la masse terrestre). GJ serait au moins 2,96 fois plus massive que la Terre, sa température avoisine les 555°C et une année sur place dure 2,377 jours. L’astre est a priori rocheux mais n’évolue pas dans la zone habitable de son étoile. Elle a donc beau être « super », il y a peu de chances de trouver la vie sur cette terre.

Perseverance joue à cache-cache

© JPL Caltech – NASA

On a tous vu les images de l’atterrissage de Perseverance sur Mars. Mais avez-vous décelé les messages cachés que contenait le rover? Parce qu’en plus de s’offrir la possibilité d’étudier les sols de la planète rouge, la NASA a décidé de jouer aux devinettes. Sur le parachute déployé lors de la descente, on pouvait ainsi lire Dare Mighty Things (« Osez de grandes choses ») en code binaire. L’Agence spatiale américaine avait également imprimé sur l’hélicoptère Ingenuity une « photo de famille » regroupant les différents rovers envoyés sur la planète rouge ces dernières décennies. Des dessins représentant une fougère, un dinosaure, un homme et une femme ont également été placés autour des « yeux » de Perseverance. Parmi les derniers messages on pouvait retrouver : Explore as One (« Explorer ensemble ») en morse, l’adresse de Sherlock Holmes, un hommage au personnel de santé luttant contre la pandémie de Covid-19 et le nom des 11 millions de personnes qui avaient décidé « d’accompagner » la mission. Alors, vous en aviez trouvé combien?

Bientôt l’arrivée des parastronautes?

Logo de l’Agence Spatiale Européenne © Ralph Orlowski – Reuters

On connaît la fameuse question : dit-on « astronaute », « cosmonaute » ou « spationaute »? Soyons méthodique, les trois sont corrects, selon ce que vous voulez désigner : un astronaute est un membre d’équipage d’un véhicule spatial américain, un cosmonaute est son homologue russe et un spationaute est un Européen. Pour être complet, on citera également le taïkonaute qui est Chinois. Mais il faudra désormais également utiliser le terme « parastronaute » puisque l’ESA vient d’annoncer une nouvelle campagne de recrutement principalement basée sur les femmes et, grande première, les personnes avec un handicap physique. Si vous êtes une femme ou que vous souffrez d’un handicap et que vous avez toujours rêvé de vous envoler hors de notre atmosphère, vous savez désormais où postuler. Dans le même ordre d’idées, le milliardaire japonais Yusaku Maezawa a, lui aussi, lancé une campagne de recrutement dans le cadre d’une mission autour de la Lune. Il cherche huit membres d’équipage « issus de toutes sortes de milieux ». Avis aux amateurs.

3 Replies to “Flash d’Information Spatiale #1 : cluster de trous noirs, Toucan cannibale et rover subliminal”

  1. Chouette rubrique qui vulgarise un peu la matière scientifique. Super intéressant et enfin compréhensible 😄

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