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ERPW (En Route Pour Wembley) est une chronique en 24 épisodes dédiée à la préface de l’Euro 2020. Chaque épisode s’intéresse à une nation spécifique au travers d’un prisme varié. Du récit culturel au joueur « coup de coeur », de l’historique footballistique au parcours de qualifications, des atouts aux faiblesses : venez découvrir ce qui se cache derrière chacune des sélections présentes cet été. Aujourd’hui, les Jaunes et Bleus Suédois.

De tout temps et de tout discours il est une constante : la Suède est sublime. Forêts émeraudes, lacs azurs, aurores boréales, tapis de neige perlée : les pierres précieuses et les couleurs resplendissantes ont trouvé leur royaume. Au pays d’Alfred Nobel, d’Ingmar Bergman et de Björn Borg, on retrouve une fascination commune pour les exceptions et les bijoux. Révolutionnaires mais sans effusions, sévères mais chaleureux, carrés dans des maisons biscornues, les Suédois incarnent un sentiment d’union qui brille pourtant par ses singularités. Et au pays allongé, la comparaison avec le football est toute trouvée : au milieu du collectif des Blågult brille le diamant éternel Zlatan. Et si le nord de la Suède connaît en été un soleil qui ne se couche jamais, l’Euro espère retrouver une autre étoile infatigable. Un Roi qui attend sa couronne.

À la recherche d’un glorieux passé

L’absence de Zlatan Ibrahimović va beaucoup manquer à la Suède © footballogue-iconsport

La Suède a connu une période faste juste après la seconde guerre mondiale. Après être devenue championne olympique à Londres en 1948, le seul titre majeur de son histoire, l’équipe termine à la troisième place de la coupe du monde en 1950. En 1958, la Suède atteint la finale d’une édition qui a lieu à domicile, où elle s’incline face au Brésil. Il faudra attendre trente-quatre ans pour que les Suédois brillent de nouveau, lors de l’Euro 1992, également organisé à domicile, où ils atteignent les demi-finales puis lors de la coupe du monde de 1994, qu’ils terminent à la troisième place. 

À part ces faits d’armes, si Blågult (« Les Bleus-Jaunes ») se qualifient pour la plupart des tournois internationaux (surtout l’Euro dont ils n’ont manqué aucune phase finale depuis 2000), ils ne parviennent pas à rééditer leurs performances du passé. Malgré les nombreux buts de son attaquant vedette Zlatan Ibrahimović, qui détient le record de goals marqués en sélection, la Suède subit quatre éliminations au premier tour sur ses cinq dernières participations à l’Euro et manque les coupes du monde 2010 et 2014. Elle parvient toutefois à atteindre les quarts de finale en 2018. Pour cet Euro, ce pays scandinave se qualifie en terminant deuxième de son groupe derrière l’Espagne, qu’elle retrouvera en phase finale.

Le Roi n’est pas là

Le jeune Dejan Kulusevski pourrait bien devenir le nouvel artificier de la Suède © sevnskfotboll
  • Principal point fort : l’équipe est réputée pour sa solidité défensive mais elle ne contient pas de vrais bons joueurs dans cette partie du terrain. L’éternel Andreas Granqvist est toujours-là malgré ses 36 ans. Son expérience sera importante pour l’effectif assez déséquilibré de la Suède. Heureusement, pour les suédois, leur groupe n’est pas le plus relevé. 
  • Le plus gros potentiel vient sans doute du jeune ailier de la Juventus, Dejan Kulusevski (il ne fait pas non plus une grande saison mais c’est difficile de s’acclimater à la Vieille Dame). Et si le remplaçant de Zlatan était tout trouvé avec Isak, du haut de son mètre 92, l’attaquant de la Real Sociedad a un profil atypique. Rapide et mobile, Alexander pourrait affoler les compteurs de l’Euro mais pour ça, il faudra que le joueur gagne en efficacité (un but tous les deux matchs en Liga et 5ème meilleur buteur sans penalty). 
  • Le groupe est aussi plus fourni offensivement. Emil Forsberg est un ouvre-boîte mais il commence tout doucement à décliner et il n’est pas auteur d’une grande saison à Leipzig. 
  • Dans l’entrejeu du 4-4-2 très classique prôné par Janne Andersson, la paire Albin Ekdal, Kristoffer Olsson tient la boutique debout et laissent les latéraux créer le danger. Ce que font très bien Forsberg et Sebastian Larsson, pourtant un vétéran du football.
  • Principal point faible : l’effectif suédois compte un grand absent, il s’agit de Zlatan Ibrahimović. Sans lui, l’équipe sera plus soudée mais elle manquera de génie. De plus, elle manquera d’un leader pour encadrer les jeunes.
  • La présence de Granqvist est aussi une faiblesse de l’équipe. Il a 36 ans, il joue dans un club suédois de 2e division, et surtout, il a connu plusieurs blessures qui lui ont empêché de jouer moins de cinq matchs complets depuis 1 an et demi. C’est peut-être la preuve qu’il manque de talent dans ce secteur de jeu.
  • L’équipe semble être en mesure de battre tout le monde mais elle peut aussi s’écraser contre n’importe qui. La Suède reste une grande inconnue. On ne sait pas trop ce que l’équipe va montrer ou pas. Cependant, l’équipe n’a pas énormément changé depuis le quart de finale de la dernière Coupe du monde. Peut-être de quoi espérer une belle performance.

L’absence de Zlatan est un grand manque pour la Suède. Néanmoins, l’équipe semble avoir les capacités pour s’en sortir sans lui. L’occasion sera belle pour que de jeunes joueurs comme Alexander Isak ou Dejan Kulusevski s’imposent aux avants-postes et fassent oublier l’omnipotence de Zlatan.

Pronostic de la rédaction : même si la Suède n'est pas l'équipe la plus solide de l'Euro. Elle ne devrait pas avoir trop de mal à sortir de ce groupe E peu relevé avec l'Espagne, la Pologne et la Slovaquie. Pour la suite, les hommes de Janne Andersson devront espérer un tirage clément pour aller plus loin. 

ALVARRO, Tchoupi & Estelle Hittelet