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Le 16 novembre 2001 signait la date de sortie d’Harry Potter à l’école des sorciers aux États-Unis. Vingt ans plus tard, la saga s’est imposée comme référence de la pop culture et continue à faire parler d’elle au travers de films, parcs à thème et goodies. Revenons en 20 anecdotes sur 20 ans d’Harry Potter au cinéma.

Il y a 20 ans, le premier volet cinématographique de la saga Harry Potter sortait aux États-Unis. Le premier livre, sorti en 1997, avait déjà conquis les foules avides de lecture. Sa sortie au cinéma ne fait que confirmer son succès et ouvre les portes d’une adaptation pour chaque tome. 20 ans plus tard, le monde magique imaginé par Joanne Kathleen Rowling (ou J.K. Rowling) et porté à l’écran pour la première fois par le réalisateur Christopher Columbus continue d’émerveiller. Et des mystères continuent encore d’être percés autour de l’univers. Revue d’effectif.

5800, 7 et un nombre incalculable de baguettes

Harry Potter dans la boutique de baguette chez Ollivander © Warner Bros

La cicatrice du personnage principal n’est pas emblématique pour rien. Elle rappelle non seulement l’attaque qu’il a subi par Voldemort, l’antagoniste de l’histoire, mais aussi les différents liens qui existent entre les deux adversaires : que ce soit les liens du sang mais aussi leurs différences et leurs ressemblances, notamment psychiques, depuis l’attaque envers le héros à la cicatrice. Cette dernière n’est donc pas anodine et, dans les films, elle se devait d’être parfaite. Sur les huit volets, elle a ainsi du être refaite 5.800 fois.

Le chiffre 7 apparaît discrètement tout au long des films et des livres de la saga. Il existe sept livres Harry Potter qui décrivent l’histoire du personnage principal lors de ses sept années d’étude à Poudlard, dont le bâtiment compte sept étages. Harry est réparti dans la maison de Gryffondor, dont le dortoir est aussi au dernier étage du château. Jusqu’à sa sixième année, il doit assister à ses sept cours obligatoires (astronomie, botanique, défense contre les forces du mal, histoire de la magie, potions, sortilèges et métamorphose). Pour sortir en douce de l’école, il existe sept passages secrets. Le meilleur ami de Harry, Ron Weasley, fait partie d’une fratrie de sept enfants. Lors de son arrivée à l’école de Poudlard, Harry intègre l’équipe de Quidditch qui compte sept joueurs et pour qui il porte le maillot numéro sept. Il est enfin et surtout confronté sept fois à Voldemort, qui a séparé son âme en sept morceaux.

Les décors et accessoires font partie intégrante du monde dépeint par Chris Colombus et participent à rendre les scènes beaucoup plus réelles. Pour le seul personnage de Harry Potter, on décompte 160 paires de lunettes et 80 baguettes magiques. Ollivander, le vendeur de baguettes, se devait de disposer d’un magasin rempli à ras-bord : 17.000 boîtes, toutes étiquetées à la main. Plus loin dans la saga, Harry, Hermione et Ron s’infiltrent dans la chambre forte de Bellatrix Lestrange afin de retrouver une coupe parmi des milliers. Pour réaliser cette scène, 38.000 trésors en caoutchouc ont été créés ainsi que 7.000 coupes dorées. Les équipes d’accessoiristes ont également confectionné 210.000 Galions, Mornilles et Noises (les différentes monnaies) uniquement pour les deux derniers films, Harry Potter et les Reliques de la Mort partie 1 et 2.

Des concepts imperceptibles

Les détraqueurs près de Poudlard © Warner Bros

À première vue, la saga Harry Potter peut être perçue comme une simple histoire de magie et d’aventures. Mais certaines créatures et personnages sont des supports pour des concepts assez sérieux et profonds. C’est le cas des Détraqueurs, créatures humanoïdes et squelettiques vêtues de longues capes noires et encapuchonnées. Ils se nourrissent de la joie humaine et provoquent du désespoir et de la tristesse. Une créature qui ressemble très fortement à la dépression, maladie dont souffrait J.K. Rowling suite à son divorce et à la mort de sa mère.

La quête de Voldemort ne se résume pas au meurtre d’un adolescent. Son idéologie repose sur la supériorité de la race et du sang. Il considère les êtres magiques comme des noblesses de la nature et méprise les créatures et personnes sans magie (« moldus ») : il les considère comme inférieures et devant être dominées. Sont considérés comme l’élite les « sang-purs » (sorciers nés d’une famille entièrement composée de sorciers) et sont tolérés les « sang-mêlés » (sorciers nés d’un parent sorcier et d’un parent moldu). Enfin, les sorciers nés de famille entièrement moldue, désignés de manière dégradante par « sang-de-bourbe », sont dans le bas de l’échelle sociale du monde magique. Poussée à l’extrême, l’idéologie de Voldemort serait de ne conserver qu’une partie de sorciers, ceux au sang pur. Une idéologie qui rappelle le racisme, la discrimination, la suprématie blanche. Et de façon plus générale le nazisme.

Très importantes, les couleurs sont utilisées pour décrire des situations ou le statut de personnages. Dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix, Dolores Ombrage entre en scène. Ce personnage est connu pour son comportement strict, ses méthodes moyenâgeuses pour faire régner l’ordre et son amour pour le rose, de son bureau à sa garde-robe. Plus elle prend du pouvoir au sein de l’école de magie, plus ses vêtements virent du rose bonbon au rose foncé. Dans le même ordre d’idées, le costume de Voldemort change, lui aussi, en fonction de son pouvoir. Lorsqu’il est au sommet de son pouvoir, sa longue robe noire est d’un vert très foncé. Plus les Horcruxes (objets contenant son âme) sont détruits, plus il perd du pouvoir et plus sa tenue devient pâle.

Des acteurs dévoués

Evanna Lynch dans le rôle de Luna Lovegood dans le cinquième opus d’Harry Potter © Warner Bros

Pour le casting, les acteurs de la saga sont triés sur le volet. La volonté de J.K. Rowling est de reproduire le plus fidèlement possible l’univers qu’elle a créé ainsi que tous les personnages imaginés. Les aventures d’Harry Potter se déroulant exclusivement en Écosse, elle insiste et fait en sorte que tout le casting du premier volet proviennent exclusivement du Royaume-Uni. Cela changera par la suite.

Certains acteurs sont prédestinés à incarner un personnage spécifique. Avant d’incarner Drago Malfoy, le petit garçon blond à l’air dédaigneux, Tom Felton tente d’abord sa chance en tant qu’Harry Potter. Il se teint les cheveux et passe des lunettes sur son nez. Mais rien n’y fait : en voyant Daniel Radcliffe (qui a incarné Harry Potter), le réalisateur ne voit que le personnage de Drago à travers Tom Felton.

Emma Watson, Hermione Granger à l’écran, a le souci du détail. Lors du premier opus, l’actrice est tellement fan de l’histoire et de son personnage qu’elle veut (trop) bien faire. Non seulement elle connait ses propres répliques par coeur mais elle connait également celles des autres personnages. Sur le tournage, cette manie pousse le réalisateur à recommencer certaines scènes à de multiples reprises, voyant l’actrice murmurer dans le vide.

Severus Rogue est un personnage très ambigu du début jusqu’à la fin de l’histoire. Ce n’est qu’à la fin du dernier opus de la saga qu’on comprend qu’il n’est qu’une taupe au sein de l’armée de l’antagoniste, son intérêt se portant auprès de Harry Potter. Pour jouer au mieux cette ambivalence, l’acteur Alan Rickman est le seul à connaître toute l’histoire de son personnage avant même le tournage du premier film. Alors que les autres acteurs apprenaient l’évolution de leur personnage au fur et à mesure de la parution des livres, Alan Rickman connaissait l’amplitude de son personnage depuis le début.

Pour la réalisation du troisième volet, Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban, c’est le réalisateur mexicain Alfonso Cuarón qui se met à la tâche. Comme petit exercice pour bien saisir la psychologie des personnages, il demande à Emma Watson (Hermione), Rupert Grint (Ron) et Daniel Radcliffe (Harry) d’écrire une dissertation sur leur personnage respectif et sur leur évolution. Au final, Watson rend un dossier de 16 pages, Radcliffe n’en rend qu’une page tandis que Grint n’en rend aucune, décrétant que Ron n’est pas réellement porté par les études. Une réalité qui colle finalement aux trois personnages : Hermione est très studieuse, Harry essaye de faire ce qu’on demande de lui et Ron réalise tout à la dernière minute, voire ne rend rien du tout.

Fan de la première heure, Evanna Lynch essaye de se procurer le dernier livre en date d’Harry Potter depuis sa chambre d’hôpital. Elle est atteinte d’anorexie et est gravement malade. Cette histoire la transporte tellement qu’elle écrit à de nombreuses reprises à J.K. Rowling lui demandant de jouer le rôle de Luna, personnage qu’elle adore. L’écrivaine lui répond alors qu’elle pourra postuler pour le rôle si elle réussit à vaincre la maladie. Une façon un peu dangereuse de motiver quelqu’un atteint d’une maladie grave mais qui a su motiver la jeune fille. Soutenue par l’écrivaine, elle réussit à décrocher le rôle de Luna Lovegood. Ravie, elle confectionne des bijoux fantaisies pour les porter sur le plateau, dans le plus pur esprit loufoque du personnage de Luna : boucles d’oreilles en forme de petits radis ou bouchon de bouteille en guise de médaillon.

Dans les coulisses des tournages

La Cathédrale de Gloucester, lieu de tournage d’Harry Potter

Le personnage d’Hagrid est très apprécié pour sa bonhomie et son amour pour les créatures en tous genres. Pour donner l’illusion de sa grande taille et de son héritage génétique de demi-géant, c’est le rugbyman de 2,08m Martin Bayfield qui sert de doublure. Il remplace l’acteur Robbie Coltrane sur des plans larges où Hagrid doit paraître imposant et grand. Et si deux Hagrid sont de mises pour cette illusion, il faut aussi deux cabanes. La normale est utilisée pour qu’Hagrid paraisse de la même taille que son habitat tandis que la plus grande est utilisée avec les autres acteurs pour donner cette illusion de grandeur.

La maquette de Poudlard, notamment utilisée pour différentes scènes et prises de vue, est l’oeuvre la plus détaillée des équipes techniques. Au total, 86 techniciens et artistes ont participé à la création de la première maquette, réalisant 2.500 ampoules à fibre optique pour donner l’illusion du passage des élèves dans les couloirs du château. Si les heures de travail de main d’oeuvre étaient mises bout à bout, on estime que le résultat dépasserait 74 ans de travail. Un travail titanesque de petites mains et d’attention portée aux détails les plus infimes. Il fallait leur rendre hommage.

Si l’école de Poudlard est un château, les lieux de tournage ne se sont pas déroulés au même endroit. Les prises de vues sont d’ailleurs tournées dans des lieux de cultes. La Cathédrale de Gloucester, construite sur les fondations d’une abbaye, a été privilégiée pour filmer les élèves dans l’enceinte de Poudlard. On peut aussi noter les abbayes de Lacock et de Whitby ainsi que la Cathédrale de Durham et l’Université d’Oxford, des architectures essentiellement néo-gothiques.

Les murs de Pouldard sont décorés de toutes sortes de peintures et de portraits. Parmi eux se cachent quelques clins d’oeil. On y retrouve, entre autres, le portrait du réalisateur David Yates dans le cinquième opus, celui du chef opérateur Stuart Graig ou encore Anne Boleyn, seconde épouse du Roi Henri VIII d’Angleterre décapitée pour « sorcellerie ».

Les hiboux font partie intégrante du monde sorcier, ils opèrent tels des facteurs. Pour fonctionner de la sorte sur les tournages, la tâche s’avère moins facile. Pour la majorité des chouettes, l’illusion a opéré grâce aux effets spéciaux. Pour le reste, 75 chouettes ont été dressées pendant 6 mois pour apprendre à tenir une enveloppe pendant le vol et à la lâcher en temps voulu.

Pendant le tournage du troisième film (Harry Potter et le Prisonier d’Azkaban), l’équipe se retrouve à coudre les poches de la robe d’un des acteurs. Tom Felton, qui incarne Drago Malfoy à l’écran, ne peut en effet s’empêcher d’y cacher de la nourriture et d’en garder pour plus tard, entre les prises. Un problème qui ne s’est présenté avec aucun autre acteur.

Pour les deux premiers films, les baguettes n’ont rien de particulier. Mais pour le troisième, le réalisateur Alfonso Cuarón décide d’optimiser les accessoires et de personnaliser les baguettes : il souhaite que chaque baguette représente son propriétaire. Celle de Bellatrix Lestrang ressemble ainsi à une griffe et celle de Neville Longdubat évoque des racines, hommage à sa passion pour la botanique. Sans le savoir, le réalisateur mexicain révolutionne la signification des baguettes ainsi que leur vente auprès du grand public, fan des accessoires du monde magique.

Hermione, Ron et Harry à la fin du film © Warner Bros

Il y a 20 ans, le premier opus d’Harry Potter était porté à l’écran. Deux décennies plus tard, six autres films se sont rajoutés et l’univers tout entier s’est imposé comme un incontournable de la pop culture. Les anecdotes et clins d’oeil sont multiples et les informations concernant la sortie de livres ou de films ne cessent de voir le jour, à tort ou à raison. Le monde d’Harry Potter continue à passionner les foules et continuera sans doute encore à faire parler de lui que ce soit en livre, en film ou tout autre support. Et tous les mystères n’ont pas encore été résolus.

4 Replies to “Les 20 ans d’Harry Potter en 20 anecdotes”

  1. Je dois bien avouer que je n’ai vu que quelques extraits des films et je n;ai lu aucun des livres. Comment est-ce possible 🙂
    J’ai parfois envie de me lacer dans cette saga et je pense que les détails expliqués dans cet article vont me décider.

  2. Déjà que j’étais conquise par la saga Harry Potter,mais après tant de détails,je vais sans hésitation les revoir prochainement 😍. Merci Miléna, bel article encore une fois.

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