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Le 24 novembre 1991, Freddie Mercury succombe d’une pneumonie après plusieurs années de lutte contre le sida. 30 ans après sa disparition tragique, l’homme aux quatre octaves est pourtant parvenu à traverser le temps et les époques. Sans doute par sa faculté à vivre ses chansons. Hommage.

En cette fin novembre, c’est en quelque sorte un conte d’hiver (A Winter’s Tale) que nous avons décidé d’aborder, même si il est clair que l’on ne peut pas parler d’une magnifique journée (It’s a Beautiful Day). L’histoire d’un gamin qui, dans sa jeunesse, eut une vision (One Vision) : fonder une carrière musicale d’exception en traversant les Sept mers de Rhye (Seven Seas of Rhye), le monde imaginaire qu’il s’est inventé. Cet article posthume (Made in Heaven) est une tentative d’hommage. Le récit d’une sorte de magie (A Kind of Magic), d’un parcours haut en couleurs qui aura mené un enfant né à Zanzibar à faire face à la mort en personne (Death on Two Legs).

L’ivresse des débuts, la fièvre du succès

Dès ses débuts sur scène, Freddie Mercury a développé ce don d’attirer toute la lumière sur lui © Lex van Rossen

Débarqué en Grande-Bretagne de son Zanzibar natal, Farrokh Bulsara devient Freddie Mercury pour polir le bijou (Bijou) de sa voix. Il y rencontre Brian May, Roger Taylor et John Deacon, ses futurs amis, mais aussi un petit truc fou nommé l’amour (Crazy Little Thing Called Love). Mary Austin est une fille adorable (Sweet Lady) avec qui il prend vite l’habitude de flâner le dimanche après-midi (Lazing on a Sunday Afternoon). Rapidement, Freddie tombe amoureux de la beauté à couper le souffle (You Take My Breath Away) de celle qui partage désormais sa vie. Avant chaque concert, il a désormais besoin de sa présence dans la salle (Need Your Loving Tonight). Une fois sur scène, il le promet à ses fans : « On va vous faire bouger! » (We Will Rock You).

Mais pour arriver au sommet, il faut tout bien faire (Doing All Right). Et Freddie en est conscient. Alors, quoi de mieux pour rendre folle la radio (Radio Ga Ga) que de lui écrire une oeuvre alliant la musique classique et ses origines nomades (Bohemian Rhapsody). En quelques semaines, les princes de l’univers musical (Princes of the Universe) se muent en Reine en devenant champion des ventes (We Are the Champions). Et si Freddie y est arrivé (Now I’m Here), il sait qu’il doit beaucoup à son âme-soeur (She Makes Me). Il est en persuadé, Mary est l’amour de sa vie (Love of My Life). Mais le doute s’immisce chez la jeune femme lorsque, avant de partir en tournée aux États-Unis, Freddie affiche un étonnant changement d’affection (You’re My Best Friend).

Une crise identitaire, une remise en question

Malgré son homosexualité, Freddie Mercury conservera toujours le même amour envers Mary Austin © Queen Online

Freddie restera longtemps persuadé de sa relation avec Mary (I Was Born to Love You). Mais au fond de lui, il sent qu’il se ment (Liar) à lui-même. Lors des tournées loin de sa famille, il se rend compte qu’il n’aime pas les filles aux grosses fesses (Fat Bottomed Girls), au point de leur préférer les ballades en vélo (Bicycle Race). Comprenant qu’il est homosexuel, Freddie se résigne à quitter Mary (I Can’t Live with You). Et si quitter la maison n’est pas facile (Leaving Home Ain’t Easy), il est soulagé de ne plus devoir jouer un rôle (Play the Game). Libéré d’un amour impossible qu’il pensait éternel, Freddie ne cherche désormais plus quelqu’un à aimer (Somebody to Love) : il veut juste s’amuser. C’est drôle comme peut être l’amour (Funny How Love Is).

Libéré des chaînes de l’amour, le leader de Queen veut également se libérer de ses entraves musicales (I Want to Break Free). Plus toujours en accord avec le reste de la bande (Living on my Own), il veut maintenant voler de ses propres ailes (Spread Your Wings) et met la pression (Under Pressure) sur le groupe. La gentille diva en or (The Golden Boy) endosse le rôle du vilain garçon (Mr. Bad Guy) et met le cap sur les boîtes de nuit pour jouer de ses charmes (The Great Pretender). Toujours à l’affût (Man on the Prowl), il embrasse le mouvement disco (Dancer) qui enflamme les soirées américaines et allemandes. Mais Freddie sans Queen n’est plus Freddie : il rentre au bercail, conscient que ses amis l’attendent (Friends Will Be Friends) pour reprendre comme avant.

La course aux dérives, la tragédie au tournant

Au coeur des années ’80 particulièrement, Freddie Mercury a vécu une vie à 100km/h particulièrement dangereuse © Peter Röshler

Le retour de Freddie dans sa famille ne signifie pas pour autant qu’il s’entoure des bonnes personnes (Good Company). La cocaïne (White Queen) fait rage dans l’industrie musicale et il y plonge la tête la première (Headlong). En proie aux dérives à l’extrême (I Want It All), Freddie ne fait guère attention à l’arrivée du sida et ses conséquences dévastatrices (All Dead, All Dead) dans les milieux gays : il accumule les parties de jambes en l’air (Body Language) à risques. Il a beau clamer de manière prophétique (The Prophet’s Song) qu’on ne l’arrêtera pas (Don’t Stop Me Now), cette répétition le conduira à sa perte (Too Much Live Will Kill You). Celui qui voulait vivre (Let Me Live) attrape le sida. Rien ne permettra de le sauver (Save Me) mais il luttera jusqu’au bout (Keep Yourself Alive).

Rapidement diminué, Freddie décide de se calmer mais il est trop tard (It’s Late), il n’y aura pas de miracle (The Miracle). La prise de drogues (Killer Queen) n’a pas aidé et son corps lutte constamment contre ce mal interne (Fight From the Inside) qui le mine terriblement (I’m Going Slightly Mad). Il n’a cessé d’être aimé par sa mère (Mother Love), il sera pardonné par son père (Father to Son). Fêter les Jeux Olympiques de Barcelone avec Montserrat Caballé (Barcelona) était son ultime rêve mais il meurt quelques mois trop tôt (Dead on Time). À la suite d’une fin de vie douloureuse (It’s a Hard Life), le plus grand chanteur de l’histoire rejoint la longue liste des victimes du VIH (Another One Bites the Dust).

Du Rhye (« Grande Reine » en gallois) imaginaire à Wembley, le monde de la musique a consacré son Roi © Queen Online

Lorsque Freddie Mercury s’éteint le 24 novembre 1991, le monde entier entre en état de choc (Is This the World We Created…?). Jusqu’alors tut et considéré comme honteux, le sida devient un problème majeur de la société qui prend enfin la mesure du problème (Life is Real) et va investir pour ne plus connaître pareille catastrophe (Nevermore). 30 ans après avoir rejoint le giron des Dieux (In the Lap of the Gods), Freddie Mercury est parvenu à survivre au temps (Who Wants to Live Forever). Le Roi s’est tu mais la Reine continue encore de régner (God Save the Queen) de son aura légendaire. Et quoi qu’il arrive, le spectacle doit continuer (The Show Must Go On). Pour la mémoire de Freddie.

Outre le lien de chaque clip dans l’article (en cliquant directement sur le nom de la chanson en gras-italique-souligné), MAJ a décidé de compiler les 73 morceaux cités dans cet hommage au sein d’une playlist. Ils sont classés par leur ordre d’apparition dans l’article et couvrent l’ensemble des albums studios du groupe (et de Freddie Mercury en solo), « Flash Gordon » étant un album de bande originale. Clin d’oeil supplémentaire, l’article et la playlist contiennent le premier morceau du premier album de Queen (« Keep Yourself Alive ») et le dernier morceau du dernier album de Queen du vivant de Freddie Mercury (« The Show Must Go On »), l’album « Made in Heaven » étant posthume.

3 Replies to “Freddie Mercury, l’homme qui vivait à travers ses chansons”

  1. Très jolie performance: la vie de Freddy à travers ses œuvres, agrémentée d’un bouquet final. Nous avons affaire avec un connaisseur, c’est sûr…

    1. Très bel hommage à ce personnage hors norme réalisé sur base de ses chansons. Un magnifique travail de recherche. On reconnaît bien là le connaisseur

  2. Whaw superbe article avec toute la discographie en prime. Quel travail de fond et quelle originalité pour nous raconter l’histoire de sa vie. Je le garde bien précieusement celui-là. On a déjà raconté beaucoup de choses sur Freddie mais jamais de cette manière là. Queen, et son chanteur emblématique, à jamais inégalable. Le plus grand groupe de tous les temps!

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