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Depuis la nuit des temps, l’étude du Ciel, des étoiles et de l’univers a passionné l’espèce humaine. Paradis des Dieux, cloche céleste, jardin des astres, origine de la vie, développement futur,… les formes d’expression ont peut-être changé mais l’intérêt pour l’astronomie est toujours resté. Flash d’Information Spatiale est une chronique bi-mestrielle dont l’objectif est de remédier à cette soif de connaissances. Le tout sur un ton léger et décalé.

Un grain de poussière dans les yeux

Des astronomes de l’université de Copenhague viennent de découvrir deux nouvelles galaxies situées à 29 milliards d’années-lumière, rien que cela. Mais ce qui est surtout extraordinaire, c’est qu’elles se situaient dans un couloir d’observation très connu et qu’elles étaient jusqu’alors passées totalement inaperçues. Pourquoi? Parce qu’elles se trouvent derrière un énorme voile de poussière que l’on ne parvenait pas à percer. Jusqu’à présent, il était en effet impossible d’observer ces galaxies « cachées » car leur lumière ne parvenait pas à filtrer à travers ce rideau opacifiant. Mais l’arrivée des télescopes géants chiliens type Alma a permis de nous ouvrir les yeux. De quoi distinguer bon nombre de nouveaux objets célestes dans les prochains mois?

De plus en plus proche de TOI

Cap cette fois vers une étoile située à 855 années-lumière de notre Soleil et dont la masse en est 1,5x supérieure, TOI-2109. Grâce à une méthode dite « de transit » (étude de la variation de luminosité d’une étoile), il est possible de détecter des objets orbitant autour d’une étoile : si sa luminosité diminue, c’est qu’un objet passe devant elle, et si cette diminution est régulière, c’est qu’un objet se trouve dans son orbite. C’est le cas de TOI-2109 et de son satellite naturel TOI-2109b, cinq fois plus massif et 35% plus grand que Jupiter. Mais sa principale particularité, c’est sa révolution incroyablement rapide puisqu’elle fait le tour de son étoile en 16h à peine. Cette orbite extrêmement courte laisse supposer que TOI-2019b est vouée à s’écraser sur son étoile et y disparaître.

Les gaz de Magellan en approche

Je vous rassure, il n’est en aucun cas question d’une blague scabreuse sur des flatulences (quoique). Ici, ce sont les courants de gaz de Magellan qui nous intéressent. Quésaco? Au départ, les courants de Magellan sont des amas de gaz qui ont été arrachés, par la gravité, de la Voie Lactée à des galaxies naines proches de la nôtre et qui se rapprochent lentement de nous. Récemment, des chercheurs ont émis une hypothèse qui tend vers le fait que ces courants seraient en réalité beaucoup plus proches que ce qu’on nous pensons. Ce qui impliquerait qu’ils se déplaceraient plus vite dans notre direction. Entraînant une collision bien plus rapide que ce que les scientifiques n’avaient prédit. Pas de panique, cette collision n’aurait de toute façon pas lieu avant 50 millions d’années. Cela nous laisse un peu de temps.

Une lune pour magnétiser Mars?

Les champs magnétiques sont capitaux à notre survie sur Terre. Sans eux, la planète serait constamment bombardée de rayonnements mortels venus des tréfonds de l’espace. Il serait dès lors impossible de lire cette fantastique chronique. Ce champ magnétique, nous le devons au noyau ferrique de la Terre, un noyau suffisamment massif que ne possède pas Mars. Et il est impossible de modifier le noyau d’une planète. En l’état actuel, il n’est donc pas possible de vivre sur la planète rouge. Dans l’idée d’une conquête de la planète, les chercheurs se tournent alors vers Phobos, le plus gros satellite naturel de Mars. L’idée très complexe serait d’ioniser et d’accélérer les particules présentes sur la « lune », ce qui entraînerait, via sa rotation autour de Mars, un champ magnétique suffisamment puissant pour protéger la planète rouge. Autant d’explications pour démontrer à quel point nous sommes encore loin d’avoir posé le pied sur Mars. Et encore plus de s’y installer.

L’intelligence artificielle au service de l’astronomie

Il y a quelques années, la NASA a développé une intelligence artificielle pour l’assister dans la découverte d’objets célestes. Exominer, c’est son petit nom, s’inspire du deep-learning (effectuer automatiquement une tâche à partir d’un certain type et nombre de données) pour atteindre sa mission. L’IA repose sur un réseau composé de centaines de neurones artificiels, un calque robotique du fonctionnement du cerveau humain. Mais bien plus efficace puisqu’elle doit abattre un travail colossal bien trop fastidieux pour un être humain. Elle offre aux scientifiques, outre la trouvaille de planètes impossibles à observer « de base », le cheminement de « pensée » qui l’a menée à pareille découverte. Concrètement, elle procède selon la méthode dite « de transit » évoquée précédemment (chapitre 2 de cet article). Depuis sa mise en service, Exominer a permis de découvrir, en ne traitant que les observations du télescope Kepler, près de 301 nouvelles exoplanètes.

Va-t-on enfin trouver la remplaçante de Pluton?

Depuis 2006, Pluton n’est plus la neuvième planète du système solaire puisqu’elle a rejoint Hauméa, Éris, Makémaké et Cérès au rang de « planète naine ». Pourtant, cela fait près de deux siècles que diverses théories tentent de prouver l’hypothétique existence d’une neuvième planète. Si elle est aujourd’hui appelée « planète X », elle a embrassé les appellations de Mardouk, Nibiru ou Hercolubus, toutes plus étranges les unes que les autres. Son importance dans la culture astronomique est telle que des chercheurs continuent encore de scruter le ciel à la recherche du moindre indice sur son existence. En 2023, un nouvel instrument permettant d’observer les objets transneptuniens verra le jour. Une partie de sa mission? Déterminer si la planète X ne s’y cacherait pas. Quand on vous dit qu’elle hante les astronomes.

L’acné martienne a trouvé son origine

Les cratères de la région d’Arabia Terra

Pendant longtemps, les cratères observés dans la zone Arabia Terra, au nord de Mars, ont été considérés comme les conséquences d’impacts d’astéroïdes. Mais une récente observation de la topographie et de la composition minérale de la région vient désormais balayer cette conception. En réalité, des milliers de super-éruptions (explosions volcaniques extrêmement violentes) ont bel et bien lieu sur le sol martien. Et les cratères d’Arabia Terra sont des caldeiras, des vestiges d’anciens volcans ayant connu des super-éruptions (comme l’île de Santorin en Grèce), arrivés par milliers dans la même région. Reste à savoir pourquoi ces cataclysmes ont eu lieu là et pas ailleurs.

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